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[SEMAINE DES SIMONES - Simone de Beauvoir]

HYMS profite de la journée internationale des droits des femmes le mardi 8 mars 2022 pour vous proposer un portrait de Simone chaque jour de la semaine. Et le lundi, c’est Simone de Beauvoir (1908-1986).

Très intelligente et première de classe depuis toute petite, Simone se destine à une carrière… de religieuse, jusqu’à sa crise de foi à 14 ans. Son père, fière de son niveau d’intellect, se serait exclamé : “Elle pense comme un homme !”

Plus jeune agrégée de philosophie à 21 ans, elle poursuit ses études et rencontre Jean-Paul Sartre dans son cercle d’amis intellectuels ; c’est la première fois qu’elle se sent intellectuellement inférieure à quelqu’un. Ils se rapprochent rapidement, et cette relation durera toute la vie. Simone est surnommée “Castor” par son partenaire. Leur relation est tout sauf conventionnelle ; un pacte de deux ans renouvelé toute une vie, ouvert à d’autres conjoints et conjointes qu’ils ont parfois partagés. 

Simone est surnommée la Grande Sartreuse, ou Notre Dame de Sartre ; bien entendu, il est dit qu’elle n’a pas d’opinion propre.

Elle commence à écrire Le Deuxième Sexe en 1948, et le publie un an après ; ce qui devait être un court essai devient un livre en 2 tomes. Le livre est très controversé ; elle ne se sentirait pas femme puisqu’elle écrit à la 3ème personne du pluriel, et puis elle écrit sur l’amour entre femmes. Cet ouvrage, qui n’a pas été rédigé dans un objectif militant, devient pourtant la “bible du féminisme”. Elle y aborde l’oppression des femmes au sein de la société patriarcale, les rôles genrés. 

“On ne nait pas femme, on le devient.”

Simone de Beauvoir nous laisse un héritage riche, ses essais sont fondamentaux à la bonne compréhension de la construction des théories féministes.

«Beauvoir reste une incontournable à la fois comme figure historique, comme personne et comme écrivaine. Elle s’est battue pour la dépénalisation de l’avortement aux côtés de Gisèle Halimi. Elle a rédigé le “Manifeste des 343 salopes », note Martine Delvaux, professeure de littérature à l’UQAM et auteure. Mais elle a aussi mené une vie « libre » à une époque où la vie des gens, et en particulier des femmes, était très codée. Plus encore que maintenant. […] Beauvoir n’a pas eu d’enfants. En soi, pour l’époque, c’était une forme d’exception.»

Merci Simone.