pexels-atc-comm-photo-3732383

« Je ne suis pas féministe, mais… »

Cela m’a frappée lorsqu’une de mes candidates a commencé sa phrase pour me féliciter de la démarche HYMS avec ces mots.

« Je ne suis pas féministe, mais ».

En lui demandant d’approfondir cette remarque, j’ai compris que le terme était tellement associé à des pratiques violentes, associé même à une idée de femmes qui n’aiment pas les hommes, qu’elle ne s’y reconnaissait pas. 

J’ai compris qu’à force de voir ce terme utilisé par les médias, politiques ou entreprises et souvent pour des raisons de “washing” ou de dévalorisation, ce terme avait été vidé de son sens. 

Lorsque Marine Le Pen dit « Je suis une féministe qui n’exprime pas d’hostilité à l’égard des hommes », elle sous-entend qu’être féministe c’est être misandre , et fait renoncer aux femmes de se proclamer comme telles. C’est une pratique de plus en plus visible, que de s’approprier un vocabulaire jusqu’à le vider de son sens. Et en vidant le sens des mots, on minimise voire on éteint le combat qu’ils traduisent.

Faut-il inventer de nouveaux termes?

De mon point de vue, la réponse est NON. Il faut se réapproprier ces termes. 

Car comme le « féminisme », ce sont tous ces mots définissant des chemins de pensée, des modes de fonctionnement et des idéologies qui disparaissent. 

Ce sont les termes de « bien-être au travail », « développement personnel » ou « bienveillance » qui sont attaqués. Oui, à force d’être utilisés à mauvais escient et mis à la mode dans les communications corporate, ces mots nous font grincer des dents. 

Mais les mots sont précieux. 

Ils ne doivent pas disparaître ou être évités parce qu’ils sont utilisés par les opposants même à la pensée qu’ils véhiculent.

Et concernant le féminisme, revenons à l’essence du terme (merci Larousse) : 

“Courant de pensée et mouvement politique, social et culturel en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.” 

Je suis féministe.