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[SEMAINE DES SIMONES - Simone Iff]

HYMS profite de la Journée internationale des droits des femmes le mardi 8 mars 2022 pour vous proposer un portrait de Simone chaque jour de la semaine. Et le mercredi, c’est Simone Iff (1924-2014).

“Simone Iff, tu es l’autre Simone, sans qui Veil n’aurait pas fait sa loi, sans qui Beauvoir ne serait restée que des mots, la Simone dont on ne parle pourtant pas.”
« Femmage » d’Anne-Cécile Mailfert, Présidente de la Fondation des Femmes, en septembre dernier.

Simone grandit au sein d’une famille protestante militante engagée dans l’aide aux réfugiés. A 18 ans, elle attend un enfant hors mariage et doit fuir sa région natale pour éviter le scandale. Cet événement déclenche un engagement qui sera son moteur durant sa vie entière : le droit des femmes à disposer de leur corps. 

Simone s’engage dans le militantisme en 1958 lorsqu’elle rejoint le mouvement Jeunes Femmes (issu d’une association protestante) du XIXe arrondissement à Paris. Son objectif est d’aider les femmes qui ont goûté au travail et à l’indépendance quand leurs maris étaient mobilisés à conserver un rôle actif dans la société après la guerre. 
Elle y restera jusqu’en 1972. Simone y fait le constat de la différence entre protestants et catholiques sur le sujet de la sexualité : expression de l’amour dans la croyance protestante, la sexualité a pour objet la procréation dans la croyance catholique.

Jeunes Femmes participe à la création de l’association La Maternité Heureuse en 1956, qui deviendra, en 1960, le Mouvement français pour le planning familial. De plus en plus active dans son militantisme, elle devient une figure du féminisme en France et participe à l’ouverture des premiers centres du planning familial, où elle devient conseillère. Elle accueille, avertit, accompagne les femmes dans les centres. Elle veut faire envisager l’acte sexuel comme source de plaisir et plus seulement comme acte reproducteur.

En 1971, sur son initiative, le « Manifeste des 343 salopes » rédigé par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir est publié. 343 femmes connues et anonymes y expliquent avoir eu recours à l’avortement illégal, ce qui ouvrit la voie à la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse votée en 1974. Notre Simone du jour en est la cheville ouvrière ; c’est elle qui s’attelle au démarchage téléphonique pour recruter les signataires. En 1973, elle cofonde le MLAC, Mouvement pour la Liberté l’Avortement et la Contraception ; elle distribue alors des pillules contraceptives illégalement, participe publiquement aux avortements. Son slogan “Un enfant si je veux quand je veux”.

Un des derniers combats de Simone est l’engagement en faveur des prostituées, des femmes « comme les autres » pour qui elle anime un collectif et des formations à celles qui souhaitent arrêter. Elle poursuit ses actions via la politique, lorsqu’elle rejoint en 1981 le cabinet d’Yvette Roudy, ministre aux Droits des femmes.

Merci Simone.